Amnesia :  The Dark Descent

 

 

Amnesia est à la base un petit jeu de Frictional Games sorti uniquement sur internet –pas de version boite en magasin donc, sauf pour quelques pays d'Europe Centrale- mais qui se bâtira  très rapidement une solide réputation : celle d’être le survival-horror  le plus flippant, rien que ça ! Il faut dire que sur n’importe quel site/forum, beaucoup de gens s’accorderont à consolider sa renommée. Alors, faut-il prendre tout ça au sérieux ?

     

  

Avant de voir si nous avons à faire au plus horrible jeu de tout les temps - dans le bon sens du terme - penchons nous sur le scénario. Celui-ci prend place au XIX ème siècle à l'intérieur d'un château prussien en ruine dans lequel vous incarnerez Daniel, un homme amnésique. Très rapidement, grâce aux multiples documents papier écrits par le héros, vous apprendrez qu'à l'aide d'un breuvage Daniel a provoqué de son plein gré sa perte de mémoire afin de préserver son esprit de choses horribles; de plus ses écris demandent à son nouveau lui d'exterminer le maître du château. C'est original et efficace, le background de la bâtisse n'est pas en reste et réserve quelques histoires glaçantes. On regrettera le manque de rebondissement et tout compte fait la non-complexité du scénario une fois qu'il est achevé. Pour ne pas être déçu, il suffit de se laisser porter sans attendre quelconque surprise... Les lecteurs assidus de Lovecraft se régaleront peut-être davantage puisque l'histoire s'inspire de diverses nouvelles du maître de l'horreur tel que "je suis d'ailleurs".

Attardons nous maintenant sur le jeu et son gameplay. Frictional Games étant aussi à l'origine des Penumbra, les fans de la trilogie ne seront pas dépaysés. Le jeu est donc en vue subjective et le concept reste le même; à la rencontre d'un ennemi il faudra soit courir vite, soit se cacher. Le tout sous fond d'énigme et d'une bonne dose de terreur. Pour être clair, dans ce jeu vous n'êtres qu'un simple mortel avec tous les inconvénients qui vont avec : faiblesse physique et psychologique. Dans votre inventaire une barre de santé physique et mentale est disponible. La première est très classique, après quelques coups reçus vous mourrez. La seconde est plus originale, à chaque fois que vous regardez un monstre de trop prêt ou que vous vous retrouvez dans le noir sans lumière, la folie vous gagne. Tout cela se traduit à l'écran par un brouillage de la vue, une démarche nonchalante et quelques hallucinations malheureusement peu poussées - on est loin d'un Eternal Darkness par exemple.

   

  

La gestion de la lumière joue un rôle prépondérant, il faudra veiller à trouver des boites d'amadou pour nourrir le feu de votre lampe à Huile, ou bien allumer des chandeliers et autres bougies disséminés partout dans les salles et couloirs que vous traverserez. Cependant il faudra faire attention à ne pas laisser votre lampe tout le temps allumé car son éclairage peut attirer les fameuses "créatures du château". Comme dans Silent Hill shattered memories, les monstres ont tous le même désign, mais ce n'est pas génant car le but n'est pas de les observer mais bien de se cacher dans les endroits sombres des niveaux arpentés.

J'en profite pour faire une transition sur les lieux visités. Vous explorerez le château de fond en comble, surtout en comble. La majorité des passages se font en sous sol dans des endroits sales, ne vous attendez pas à prolonger la belle découverte architecturale des salles "publics" de la demeure lors de la première heure de jeu. Mettez vous en tête des mots comme "souterrain", "prison", "sales de tortures"... rassurez-vous, elles ont largement de l'intérêt, bien que moins feutré.

L'ambiance est un des points forts du jeu, vous l'aurez compris. Elle est renforcée par la physique du soft qui consiste par exemple à tirer la souris vers vous pour tirer une porte et l'ouvrir in game, ou encore à pousser la souris pour pousser un levier. Immersion garantie !  Les graphismes et la musique sont largement à la hauteur du reste, les bruits de pas et autres craquements sauront vous mettre mal à l'aise. La peur est présente toute en finesse sans effet de sursaut hollywoodien, tout se joue sur la tension du joueur.

     

  

Malgré tant d'éloges pour ce petit survival horror, je dois bien avouer qu'il est loin d'être si terrifiant que ça, surtout vers la fin ou il vire dans le grotesque...

Les nouveautés ne sont pas suffisantes pour renouveler le genre et pour surprendre les joueurs confirmés de survival-horror. Sans compter que les apparitions des monstres sont scriptés, vous n'aurez pas peur d'en croiser un par hasard dans un couloir, le jeu se chargera de le faire apparaître à un moment précis. Puis il suffit de se faire tuer pour recommencer au même endroit sans ennemi et sans aucun autre malus, se laisser mourir devient alors tentant pour éviter la phase imminente de course poursuite.

La durée de vie n'arrange rien à l'affaire tant il est court, les 3 fins différentes n'y changeront pas grand chose. Quant aux énigmes, elles sont gentillettes et trop simplistes. Pour prolonger le plaisir, le studio a cependant eu la bonne idée d'intégrer un mod pour créer très simplement des environnements du jeu, avec du temps, de l'imagination et de la patience il devient possible de créer son propre château et ses propres énigmes; c'est assurément bien pensé ! Pour finir, Amnesia reste très plaisant pour les amateurs d'escape game et d'ambiance lugubre, c'est un bon petit jeu... peut-être trop surestimé.


Description du jeu par Kyoledemon



 

Aucune image dans la galerie