BloodRayne II : Deliverance

 

 

Les vampires étant par définition immortels, grande est la tentation, pour les scénaristes de films comme de jeux vidéos, de les faire voyager dans le temps - ou plutôt, de faire voyager le temps autour d'eux.  Ainsi le troisième volet de la série "Une nuit en enfer", sous-titré "La fille du bourreau" (1999), est un western. Si ce choix est logique pour un Américain, dont le pays ne peut se targuer d'un patrimoine historique millénaire et dans lequel la "conquête de l'Ouest" représente la phase héroïque, il l'est nettement moins pour un Européen. C'est pourtant l'option choisie par le boxeur-cinéaste Uwe Boll pour ce second opus de sa très personnelle trilogie "Bloodrayne", sorti comme son successeur uniquement et directement en DVD.

     

  

L'impression première et persistante que donne ce film, à son visionnage, est qu'Uwe Boll disposait d'un métrage limité de pellicule lui interdisant de tourner chaque scène plus d'une fois. Donc les plans sont intégrés au film tels quels, peu important leurs éventuelles imperfections car notre gaillard Allemand est déjà en train d'expédier le suivant. Et il y met tant d'énergie et de bonne volonté qu'au lieu d'en être exaspéré, on finit par y trouver un charme touchant et par éprouver un sentiment de complicité avec lui ! Un cran au-dessous du précédent, qui disposait certes d'acteurs plus convaincants (et d'un budget deux fois et demi supérieur), il demeure toutefois suffisamment varié et rythmé pour se laisser voir sans ennui excessif : Rayne, interprétée cette fois par la mannequin norvégienne Linn Natassia Malthe, y affronte un Billy-the-Kid uchronique puisque métamorphosé pour l'occasion en vampire ravisseur d'enfants. L'atmosphère générale m'a personnellement évoqué l'univers de "La tour sombre" de Stephen King, où Rayne serait un équivalent féminin de Roland de Gilead, une sorte de "pistolera" vengeresse et justicière. Quoiqu'il en soit, il est indéniable que le film puise davantage dans la mythologie du western - personnages historiques comme Pat Garrett, thème du chemin de fer comme vecteur de changement sociétal - que dans celle du vampirisme.

     

  

J'ai déjà parlé, dans mon appréciation de Dead Rising : Watchtower, de la difficulté structurelle à adapter un survival-horror ou un beat'them'all en film. Uwe Boll résout le dilemme de la façon la plus radicale qui soit : hormis les caractéristiques du personnage principal, il n'y a strictement aucun rapport entre ce film - et son prédécesseur - et les jeux éponymes. Pourtant le thème du vampire, imprégné de surnaturel, donc d'irrationnel, ouvrait la porte à certaines facilités que n'ont pas des sujets comme la contagion bactériologique d'un "Resident Evil" : ainsi dans un film fantastique on ne sera pas choqué que la mort des ennemis génère l'apparition de menus objets, ou provoque des changements dans la psyché du protagoniste. Mais non, contrairement à son House of the dead le réalisateur a préféré créer une histoire sans le moindre lien, que ce soit dans l'esprit ou dans la lettre, avec les deux jeux de Majesco Ent. Et comme rien ne prouve qu'il aurait pu faire mieux, on n'accablera pas outre-mesure cette petite production sans caractère ni originalité mais aussi sans prétentions.

 

Description du film par Zombieater

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