Outlast

 

 

Décidément, Blair Witch est bel et bien un film culte, n'en déplaise à certains. S'il a inspiré beaucoup de réalisateurs, les jeux vidéo d'horreurs ne sont pas en restes. On peut dénombrer une flopée de jeux indépendants plus ou moins réussis se basant sur une vue subjective faisant office de caméra. Outlast est l'un de ceux-là. Doté d'un petit budget, il a pourtant tout d'un grand. La durée de vie est raisonnable, les graphismes sont soignés et le jeu fait peur… ou plutôt fait sursauter. Si tout parait bien au premier abord, Outlast va malheureusement se révéler être un jeu pop-corn. Quand on y joue, oui, c'est fun, mais une fois fini on l’oublie rapidement. Allez, voyons ça ensemble.

   

  

Le problème des jeux "pop-corn" c'est qu'ils se ressemblent tous. On pourrait tous les réunir et interchanger les éléments de chacun, on aurait toujours un même modèle uniforme. Le souci commence dès l'écriture du scénario. Je ne suis pas contre les histoires simplistes, mais n'espérez jamais me toucher avec quelque chose d'aussi banal que ça : un journaliste apprend que des expériences sont menés dans un asile psychiatrique, il décide donc de s'y rendre seul, armé de sa caméra. Le reste n'est que poncif du genre, entre bonne série B et mauvaise série Z. Je ne vous parle même pas de la fin qui aurait pu être sympa si on s'attachait vraiment à ce qui se passe durant notre périple, seulement ce n'est pas le cas, et elle tombe à l'eau.

Le gameplay est classique, néanmoins efficace. En vue subjective, le joueur décide quand il le veut d'activer sa caméra. Le fait de la mettre en marche permet d'amasser des indices selon les angles de vue filmés, indices qui seront mis par écrit dans le carnet de notre journaliste. Mais vous vous en doutez, tout l'intérêt de la chose réside essentiellement de passé en vision nocturne lorsque les parties de l'asile deviendront trop sombre. Et pour le coup je tire mon chapeau, le rendu est vraiment excellent ! Il faudra régulièrement switcher entre le mode jour et le mode nuit pour survivre dans cet affreux environnement. Pour corser le tout, la batterie de votre caméra s'épuisera vraiment (trop) rapidement, vous obligeant alors à traquer les moindres recoins de level design à la recherche de piles.

   

  

La plupart des internés sont curieusement hostiles à vos agissements. Tout droit sorti des monstres de "The Descent" ils ont pourtant gardés leurs caractéristiques humaines, à savoir la parole pour certain, le maniement d'armes blanches, et la possibilité de taper un sprint en votre direction. Sans arme (comme tout escape horror game qui s'assume), la seule solution sera de fuir. Pour cela notre journaliste est plutôt chanceux puisqu'il maitrise l'art du Parkour. Moins bon que l'héroïne de Mirror's Edge, il pourra quand même sauter, ramper, longer les murs, escalader… bref tout un panel d'action est disponible pour échapper aux abominations psychopathes et elles ne sont pas de trop car il suffit de quelques coups dans les côtes pour mourir.

Le problème de ces phases d'actions, c'est qu'elles se déroulent dans des huit clos. Le jeu étant très dirigiste, aucune once de liberté d'action n'est laissée au joueur. Au final il n'y a que quelques endroits accessibles pour fuir ou se planquer (dans un casier métallique, sous un lit...). Les courses-poursuites peuvent aussi prendre un air ridicule quand les "monstres" nous courent après pendant une demi-heure et que nous, pauvres joueurs, ne pouvons que courir et repasser dans les mêmes pièces indéfiniment à défaut de trouver un bon endroit ou se cacher.

    

  

Dans les moments les plus calmes, il faudra résoudre les objectifs indiqués par le jeu pour progresser dans le script. C'est simple et dirigiste : activer 3 générateurs, trouver une clé… bref rien de neuf. Tout l'intérêt du jeu réside dans l'ambiance, et elle est bien travaillée, ça c'est clair. Mais au bout d'une heure de jeu, les mêmes environnements se répètent et l'atmosphère générale ne devient absolument plus angoissante. On tombe alors dans la facilité avec des jump-scare en masse ! A défaut d'être originaux, ils sont sacrément efficaces. Si vous aimez carburer à l'adrénaline, vous allez adorer.

Outlast est donc un petit jeu, flippant mais pas trop, N'empêche qu'il est honnête et sans prétention. On appréciera les clins d'oeil et l'inspiration des films comme Grave Encounter ou The Creep pour la scène de torture. Pour faire simple, il se place dans la catégorie des Amnesia-like. Pas indispensable mais sympa si on le finit d'une traite plongé dans l'obscurité...!

 

Description du jeu par Kyoledemon

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